Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 12:52




«Combattre la pauvreté, c’est construire la paix», c’est le titre que Benoît XVI a donné à son message pour la journée mondiale de la paix. Mais qu’est ce que combattre la pauvreté? Est-ce simplement savoir qu’elle est là, quelque part au loin, dans un pays éloigné, dans un quartier loin du nôtre, dans une rue parallèle? Mais que faisons-nous une fois qu’on sait? Généralement deux possibilités sont le plus en vogue me semble t-il: soit fermer les yeux, faire comme si la pauvreté n’existait pas et surtout prier le Ciel pour qu’il nous soit jamais réservé pareil sort; soit donner un paquet de pâtes ou de riz aux Restos du Coeur, se donnant ainsi bonne conscience pour après vite rejoindre la position n°1, celle de l’aveugle.

Mais est-ce vraiment de ça qu’il s’agit? Est-ce là une attitude chrétienne de savoir que la pauvreté existe et ne rien faire sinon prier pour que les conflits se calment? Je ne pense pas! 

Certes, dans l’immédiat, souvent, on ne sait pas trop quoi faire, ni comment réagir face à la pauvreté. Mais si l’on se souvient que de tous temps; l’Eglise et la foi chrétienne reconnaissent dans le pauvre le Christ lui-même(n°15), cela ne change t-il pas la donne? Quelle place donne t-on dans cette perspective au pauvre qui mendie sur le parvis de l’église, alors que le croyant passe souvent indifférent devant lui, allant chercher le Christ derrière le faste et les dorures? Et ce n’est là que l’échelon inférieur d’une échelle beaucoup plus haute et plus difficile à gravir qu’il n’y parait. 

En effet, c’est également au niveau national et même au niveau international que se jouent les enjeux les plus importants. 

En effet, la pauvreté figure souvent parmi les facteurs qui favorisent ou aggravent les conflits, y compris armés (n°1). Combattre la pauvreté implique donc des réponses au plan politique et international. Combattre la pauvreté implique donc une prise en considération attentive du phénomène de mondialisation (...) la référence à la mondialisation devrait, également revêtir un sens spirituel et moral, car elle nous pousse à considérer les pauvres dans la perspective consciente que nous participons tous à l’unique projet divin, celui de construire une unique famille dans laquelle tous - individus, peuples, nations - règlent leurs comportements en les basant sur les principes de fraternité et de solidarité (n°2). En d’autres mots, ce qui est en jeu est le bien commun de l’humanité, le fait de se savoir appartenir à la même famille humaine, dans laquelle n’importe lequel de ses enfants n’a pas le droit d’être abandonné, laissé sur le bord de la route.

L’une des voies maîtresses pour construire la paix est une mondialisation ayant pour objectif les intérêts de la grande famille humaine (...) il faut une forte solidarité globale entre pays riches et pays pauvres (...) La mondialisation élimine certaines barrières, mais cela ne signifie pas qu’elle ne puisse pas en construire de nouvelles (n°8). En  effet, que ce soit au plan économique ou politique, nombre de pays sont laissés au bord du chemin parce que leur économie est trop faible, parce qu’ils sont intégralement dépendants des pays dits développés. Peut-on vraiment se qualifier de développer alors que l’on utilise et exploite ses frères en humanité afin de jouir un peu plus du confort qui nous est si cher? 

La lutte contre la pauvreté exige une coopération aussi bien sur le plan économique que sur le plan juridique qui permette à la communauté internationale et en particulier aux pays pauvres de trouver et de mettre en oeuvre des solutions coordonnées pour affronter ces problèmes en donnant un cadre juridique efficace à l’activité économique (n°11). Il ne s’agit pas de paternalisme ou de politiques fondées sur l’assistance qui au final ne conduisent qu’à des échecs et surtout à des révoltes justifiées des pays ainsi diminués dans leur souveraineté, mais vraiment d’apporter une aide efficace à ses pays, refuser que par exemple, qu’au Bangladesh quelqu’un travaille pour un salaire de misère pour fabriquer des pulls que nous autres (je ne m’exclue pas!) allons acheter plus de 100x plus cher que leur prix de production.

Seule l'inconscience peut conduire à construire une maison dorée avec tout autour le désert de la désolation. (...) La mondialisation révèle plutôt un besoin: celui d’être orienté vers un objectif de solidarité profonde qui veut le bien de chacun et pour tous (...) elle doit être considérée comme une occasion propice pour réaliser quelque chose d’important dans la lutte contre la pauvreté et pour mettre à la disposition de la justice et de la paix des ressources qui semblaient jusqu’alors inimaginables. (n°14)

Ces changements à l’échelle planétaire commencent déjà dans le quotidien de tout un chacun... Et si nous commencions à appliquer à notre petite échelle le rêve de justice, de paix, d’équité que nous avons pour la planète entière?

C’est peut être une idée à développer pour le temps du Carême qui approche...

Par Frédéric - Publié dans : éthique sociale
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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 17:33



Depuis plus d’une semaine maintenant, un vent houleux semble souffler dans les médias sur l’Eglise catholique et sur Benoît XVI... Tout à l’heure dans un supermarché j’ai pu lire, au détour d’un rayon, sur la une du quotidien der Spiegel, le titre suivant: « Der Entrückte. Ein deutscher Papst blamiert die katholische Kirche», c’est à dire « Un pape allemand couvre de honte l’Eglise catholique». En voyant ce genre de titres, pour ne citer que celui-là - et il est loin d’être un cas isolé- je me pose des questions...

Evidemment, je ne rentrerai pas ici dans le débat sur la réintégration des quatre évêques lefebvristes jadis excommuniés par Jean-Paul II, je pense que Benoît XVI devait avoir de bonnes raisons pour faire ce qu’il a fait.

Il me semble par contre que le débat porte actuellement sur tout autre chose: quelle image a l’Eglise catholique dans les médias, quelle image veut-on lui donner dans les médias? 

Encore une fois, et comme souvent d’ailleurs, les messages de l’Eglise sont mal compris et mal interprétés par les médias. Avant de m’arrêter sur «l’évêque» négationiste, la levée de l’excommunication en elle-même mérite commentaire. Ce que les médias n’ont pas compris ou n’ont pas voulu comprendre, je ne sais pas, est que réintégration ne signifie pas retour à la pleine communion avec l’Eglise, la note du 4 février 2009 de la Secrétairerie d’Etat du Vatican est très claire à ce sujet: «La levée de l'excommunication a libéré les quatre évêques d'une peine canonique gravissime, mais elle n'a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X, qui, au moment présent, ne jouit d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique. Les quatre évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas de fonction canonique dans l'Eglise et n'exercent pas de ministère licite en son sein». En effet, dans des journaux aussi sérieux que le Monde, le Figaro ou encore le Point, j’ai pu lire que Benoît XVI remettait en cause les acquis du Concile Vatican II. Mais ce dont personne n’a encore parlé (sauf erreur de ma part et dans ce cas je m’excuse) c’est que le retour dans l’Eglise et à la pleine communion avec l’Eglise n’est pas possible sans une adhésion claire et sans réserves à Vatican II, on ne peut pas négocier l’autorité d’un Concile! «Le pape Benoît XVI a voulu aller jusqu'au bout de ce qu'il pouvait faire comme main tendue, comme invitation à une réconciliation.», voilà ce qu’affirme le cardinal J-P Ricard dans un communiqué. En effet, cette levée de l’excommunication est réellement une main tendue, une invitation, une ouverture des portes de l’Eglise. Aux invités d’y entrer, de saisir cette main, d’accepter l’invitation. C’est ce que Benoît XVI a rappelé lors de l’audience générale du 28 janvier: « Je souhaite que mon geste soit suivi d'un engagement diligent de leur part à accomplir les pas ultérieurs nécessaires pour réaliser la pleine communion avec l'Eglise, en témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du magistère et de l'autorité du pape et du concile Vatican II ». Ainsi donc, l’Eglise n’a pas fait de pas en arrière, Benoît XVI ne nie pas Vatican II et surtout les catholiques ne sont pas négationistes et antisémites c’est mon dernier point de réflexion.

Lorsqu’on découvre (trop souvent encore malheureusement) la pédophilie d’un prêtre, subitement, dans les journaux et dans l’opinion publique, tous les prêtres passent pour pédophiles... On notera l’absurdité du syllogisme. Maintenant qu’on découvre qu’un «évêque» fraîchement réintégré est négationiste, toute l’Eglise devrait être considérée comme négationiste, Benoît XVI le premier?  Quoi qu’il en soit, cet «évêque», Mgr Williamson, devra, comme l’a indiqué le Saint-Siège: «Pour être admis à des fonctions épiscopales dans l'Eglise, Mgr Williamson devra aussi prendre ses distances de façon absolument sans équivoque et publiquement par rapport à ses positions sur la Shoah, qui n'étaient pas connues du Saint-Père au moment de la levée de l'excommunication.»


Ainsi donc, après quelques éclaircissements, on se rend compte qu’effectivement, les propos de Mgr Williamson sont plus que condamnables mais que ceux-ci n’engagent que lui et non l’Eglise tout entière; on se rend également compte que le Concile Vatican II reste la référence, il n’est pas question de revenir en arrière et que cette réintégration signifie simplement une invitation lancée à la Fraternité Sacerdotale St Pie X pour qu’elle sorte de sa démarche schismatique et revienne dans la pleine communion de l’Eglise... Si elle le souhaite (car oui, la FSSPX reste schismatique! En effet, le Code de Droit Canonique précise au canon 751 : « On appelle (…) schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême OU DE COMMUNION AVEC LES MEMBRES DE L’EGLISE QUI LUI SONT SOUMIS. » Que lit-on dans le décret de la Congrégation pour les Evêques  ? « On espère que ce pas sera suivi de réalisation rapide de la pleine communion avec l’Eglise de toute la Fraternité de Saint Pie X ».).

Plutôt que de polémiquer d’avantage sur toutes ces questions, ne serait-il pas plus judicieux de prier pour que l’Eglise retrouve son unité parfaite, et fasse part au monde de la seule nouvelle digne d’importance: la Bonne Nouvelle?

 Ut unum sint! , qu'ils soient un! (Jn 17, 21), un voeux et une prière que chacun peut faire siens...

Par Frédéric - Publié dans : actualité Eglise
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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 13:31

Il est toujours délicat de commencer un blog... on ne sait jamais par où commencer! Je vais commencer par me présenter, je suis Frédéric, étudiant en master de théologie catholique à l'université Paul Verlaine de Metz (mon mémoire portera sur le lien entre théologie de la création et éthique chrétienne dans une perspective écologique).
Le but de ce blog ne sera pas (j'espère que personne ne le ressentira comme ça) de faire l'apologie de ma science ou de présenter des bizarreries d'érudition... il s'agira simplement de proposer une réflexion chrétienne sur le monde, sur les sujets d'actualité...
De temps à autres j'écrirai sans doute sur les sujets qui m'intéressent le plus: l'éthique (tant la théologie morale, l'éthique sociale, la bioéthique que la philosophie morale), la philosophie, la théologie... 
Enfin, j'espère que ce blog sera vivant, et c'est là toute ta tâche, ami lecteur! J'espère des commentaires (auxquels je répondrai avec plaisir), des idées, des remarques... 

J'espère que vous apprécierez... 


p.s.: Merci à Sophie, qui m'a donné cette idée au détour d'une conversation quelque peu agitée ;) 
Par Frédéric - Publié dans : général
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