Samedi 14 mars 2009
6
14
/03
/Mars
/2009
13:21
Le mot «eucharistie» est employé une soixantaine de fois dans le Nouveau
Testament. Dans la moitié des cas il n’évoque pas encore le sacrement de l’Eucharistie mais il évoque plutôt une attitude spirituelle, celle qui consiste à se recevoir de Dieu, dans
tout ce que l’on fait.C’est se reconnaître aimé d’un amour prévenant, au point de tout retourner à Dieu. Devenir eucharistie est alors aussi une expression qui correspond à l’offrande de
soi à Dieu. Devenir eucharistie est l’attitude qui résume toute l’existence chrétienne.
La grâce reçue et l’action de grâce rendue sont comme l’inspiration et l’expiration qui donnent souffle à la vie chrétienne.
L’attitude eucharistique, l’action de grâce, c’est toute la vie de Jésus. Il n’a rien qu’il ne reçoive du Père et qu’il ne lui rende dans la reconnaissance. La marche vers Jérusalem, la
passion et la mort librement et lucidement encourues disent la totale consécration de Jésus à l’amour du Père.
C’est bien le sens profond du dernier repas de Jésus, juste avant qu’on ne l’arrête. Jésus prenant entre ses mains le pain des hommes puis la coupe de vin, et l’élevant vers le Père dans le
geste d’action de grâce, s’identifie définitivement à ce qu’il offre, c’est la ressaisie de toute une vie offerte, livrée.
Jésus a vécu de cette manière, l’offrande eucharistique de sa vie: «il l’a voulue totale pour le Père et pour ses frères. Il l’a exprimé dans un geste qu’il a voulu riche de signification
humaine: le pain et le vin, le monde et la culture, notre travail et notre nourriture, rompus et partagés jusqu’au bout dans la fraternité d’un repas»
Participer à l’Eucharistie implique une manière de se comporter avec les autres. Les chrétiens sont frères parce qu’ils rompent le pain en commun. Ils ne doivent pas exclure de leur
table le plus faible et le plus pauvre.
«Dans la communion sacramentelle, je suis uni au Seigneur, comme toutes les autres personnes qui communient. L’union au Christ est en même temps union avec touts ceux auxquels il se
donne. L’amour de Dieu et l’amour du prochain se fondent l’un dans l’autre: dans le plus petit, nous rencontrons Jésus lui-même et en Jésus nous rencontrons Dieu» (Benoît XVI, Deus
Caritas Est 14-15).
D’après la conférence de Carême de Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen, «devenir Eucharistie».